Sauvons l'Europe - SciencesPo.

Blog du collectif local de l'association "Sauvons l'Europe" à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.

21 juin 2008

L’Europe toujours en danger !

Position de l'association après le non irlandais.

La construction d’une Europe politique est à nouveau mise à mal par le résultat du référendum en Irlande. Les Français sont très mal placés pour faire la leçon aux Irlandais. Pourtant, il faut bien dire que le résultat de ce référendum a de graves conséquences pour l’Europe, en la replongeant dans une criseinstitutionnelle dont on se demande encore une fois comment elle va se sortir.

Déjà, en 2005, il n’y avait pas de « plan B ». Le Traité de Lisbonne a fini par émerger difficilement des tractations entre gouvernements de l’Union. Aujourd’hui, il y a encore moins de « plan C » … Réussirat- on à en élaborer un, accepté par tous, et qui donne enfin à l’Europe les moyens de réagir rapidement aux mutations du monde ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit, donner à l’Union les moyens de réagir efficacement et concrètement face aux défis auxquels les Etats membres ne peuvent faire face tout seuls (en matière d’énergie, de climat, d’alimentation, d’action humanitaire, de sécurité, de négociation commerciale…)

Malheureusement, trop souvent, dans les débats à propos des référendums nationaux sur les réformes institutionnelles de l’Union, ce sont les politiques européennes, voire nationales, qui sont mises en cause.

Pour des motifs bien souvent contradictoires... Ainsi, au nom de politiques jugées mauvaises, on rejette  une réforme des institutions qui permettrait de faciliter l’adoption à la majorité de politiques représentant un progrès pour les citoyens européens. La mise en avant d’intérêts particuliers nationaux de court terme prime trop souvent sur l’intérêt général européen à long terme.

Les citoyens européens ont souvent l’impression que les politiques européennes ne répondent pas à leurs préoccupations. C’est effectivement le cas quand on ne parvient pas à répondre aux restructurations d’entreprises (la révision de la Directive sur les Comités d’Entreprise européens devrait donner des moyens de mieux y faire face) ou quand une Directive sur le temps de travail risque de provoquer une régression sociale … Il est manifestement illusoire de justifier la nécessité d’un renforcement institutionnel en l’absence de politiques sociales justes, mais il sera difficile d’améliorer les politiques sans institutions efficaces. Europe politique et Europe sociale doivent se renforcer mutuellement.

Quand le refus de ratifier un traité par un ou deux pays conduit à bloquer une avancée majoritairement partagée par les autres, on est en droit de s’interroger sur la règle de décision. C’était vrai en 2005, pour le Traité Constitutionnel ratifié par 18 pays, mais bloqué par le refus de deux autres ; c’est aussi vrai aujourd’hui pour le Traité de Lisbonne, lui aussi déjà ratifié par 18 pays. La procédure parlementaire, qui, rappelons-le, est aussi démocratique que le référendum, n’intègre t-elle pas mieux les contraintes liées à des textes de ce type ? En attendant l’émergence d’un « peuple européen » qui pourrait éventuellement légitimer un référendum paneuropéen …

En tout cas, il est urgent de trouver un moyen pour que les pays qui ne veulent pas d’une avancée européenne, n’empêchent pas ceux qui le veulent de le faire. Il est nécessaire de poursuivre le processus de ratification dans l’ensemble des 27 Etats membres pour que les choix s’opèrent dans la clarté. Toutefois, il faut aussi que se mobilisent les citoyens de l’Union, pour qu’ils fassent valoir leur attachement à la construction européenne, qu’ils rappellent la signification de celle-ci, mais aussi qu’ils l’infléchissent dans un sens plus démocratique. Tel était en juillet 2005 le sens de l’appel de Sauvons l’Europe. Cet appel est plus que jamais d’actualité :


« Sauvons l’Europe » demeure à l’ordre du jour !

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19 juin 2008

Directive « retour » : les idées conservatrices triomphent en Europe.

Grâce la procédure de co-décision, le Parlement s’est prononcé aujourd’hui sur la directive « retour » en adoptant le texte à 369 voix pour, 197 contre et 106 abstentions. Le Parlement européen avait pourtant là une occasion unique de rejeter un directive préparée par les Etats membres qui instaurait certes le cadre d’une politique européenne d’immigration mais une politique préoccupante pour certains, liberticide pour d’autres, équilibrée et nécessaire pour ses défenseurs…

«

Article premier
Objet
 


La présente directive fixe les normes et procédures communes à appliquer dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, conformément aux droits fondamentaux en tant que principes généraux du droit communautaire, ainsi qu’au droit international, notamment les obligations en matière de protection des réfugiés et de droits de l'homme.

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Une politique commune d’immigration était devenue un impératif qui s’imposait. Le débat autour de la question était notamment revenu sur le devant de la scène après la victoire de Silvio Berlusconi en Italie, flanqué sur sa droite d’une Ligue du Nord renforcée par son excellent résultat aux élections législatives anticipées des 13 et 14 avril derniers. Ce dernier, en effet, sous les pressions répétées de la Ligue, avait souhaité porter au plan européen la question de l’immigration, laissant sous-entendre qu’il laisserait sinon son gouvernement agir nationalement. A suivi ensuite le pacte pour l’immigration proposé par Brice Hortefeux, visiblement dans la même veine que les requêtes de la Ligue du Nord. Placées devant le fait accompli, les institutions européennes n’avaient finalement pas d’autre choix que de proposer au plus vite une directive cadre sur l’immigration afin d’éviter que les Etats membres fassent chacun de leur côté leur propre politique d’immigration, ce qui aurait alors pu mettre en danger l’équilibre européen.

La directive « retour », donc, grâce à la procédure de codécision, a été soumise au Parlement européen qui l’a adoptée. Deux grands arguments ont été évoqués pour défendre le texte de la directive :
- cette directive est un compromis équilibré et nécessaire ;
- cette directive fixe le cadre d’une politique européenne d’immigration, c’est un pas indispensable vers plus d’Europe, donc peu importe le contenu du texte, c’est mieux que rien.

Cependant, ces deux arguments ne permettent en rien de justifier un tel texte. Cette directive n’est pas un compromis équilibré et nécessaire. Au contraire, c’est un pur produit des idées conservatrices véhiculées par les partis de droite membres du PPE et par des partis populistes et xénophobes comme le Front national, en France, la Ligue du Nord, en Italie ou l’ancienne liste Pimp Fortuyn, aux Pays-Bas. De trop nombreux éléments, qui n’ont pu être amendés par le PSE notamment, sont présents dans ce texte.

Ce texte a pour vocation première de lutter contre l’immigration clandestine. Bien évidemment, dans la plus pure logique conservatrice, ce texte propose l’exact inverse d’une véritable politique d’immigration. C’est l’expulsion en effet, via des centres de rétention, qui est le coeur de cette directive. Or les expulsions ne limitent en rien la venue des migrants qui, s’ils sont déterminés à quitter leur pays – pour des raisons sûrement compréhensibles –, reviendront en Europe quoi qu’il en soit. Et même, au contraire, une telle politique encourage plutôt la clandestinité puisque d’une part, les Etats membres, au lieu de régulariser, ne feront que pourchasser les immigrés illégaux et, d’autre part, cette réaction défensive va être perçue par les migrants comme une invitation à venir en Europe. En effet, puisque celle-ci fait tout pour protéger son territoire, c’est que celui-ci doit être clairement un endroit privilégié qui attire !

En outre, cette directive porte une atteinte préoccupante aux droits de l’homme. Il est explicitement indiqué que les immigrés illégaux – en fait la majorité des immigrés qui entrent dans les Etats membres étant donné la difficulté réelle qu’il existe pour avoir des papiers – seront placés dans des centres de rétentions, construits à cet effet, pour une durée maximum de six mois, avec une possibilité de prolonger de douze mois cette période … Concrètement, c’est donc la criminalisation de l’immigration qui est acceptée à travers cette directive. Immigrer devient donc un délit qui en plus d’être puni par un « éloignement » est couplé à une peine de prison dans un camp de rétention dont on connaît les conditions de vie déplorables.

Mais tout cela est-ce mieux que rien ? Au plan strictement juridique, évidemment, difficile de prétendre que ce n’est pas mieux que rien puisque, aujourd’hui, il existe en effet un cadre européen pour l’immigration… mais quel cadre ! L’argument juridique qui privilégie l’aspect technique (« plus d’Europe ») sur l’aspect politique (une directive conservatrice) est pourtant nul et non avenu au plan politique puisqu’en fait, cette directive ce n’est pas mieux que rien, c’est tout simplement rien… Rien pourquoi ? Rien parce que cette directive ne fait que concrétiser au plan européen les volontés conservatrices de gouvernements nationaux de droite tels que ceux de la France ou de l’Italie. Nous n’avons pas avancé, nous n’avons pas fait plus d’Europe, nous avons tout simplement calqué au plan européen la politique en matière d’immigration souhaitée par une bonne partie des Etats membres. Tout cela en somme va permettre aux Etats membres qui sont gouvernés par la droite d’appliquer une politique d’immigration des plus conservatrices sans être inquiété ni par l’Ue ni par d’autres Etats membres.

Après le rejet du Traité établissant une Constitution pour l’Europe par la France en particulier, nous étions nombreux à nous demander si ce non était un non de gauche. Les tenants du non gauche revendiquait un non de gauche populaire, un non du peuple. L’extrême droite, elle aussi, revendiquait le non du peuple. Difficile de trancher dès lors : non de gauche malgré tout européen ou non de droite foncièrement hostile à l’Europe, au progrès et aux idées sociales ? À en croire les tenants français du non de gauche, les rejets français et hollandais du TCE, puis le rejet irlandais du Traité de Lisbonne, seraient l’expression des peuples pour une Europe plus sociale, pour une Europe débarrassée des politiques de la droite. Ironie du sort, au sujet de la directive « retour », l’Europe des peuples a parlé aujourd’hui et finalement nous sommes loin d’avoir assisté à une expression progressiste de ceux-là. En effet, s’il y a bien une institution populaire, représentant directement les peuples d’Europe, c’est le Parlement européen. Or les représentants du peuple, bien loin de rejeter un texte profondément conservateur, n’ont fait que l’encenser. Ce n’est clairement pas la faute à l’Europe si une telle directive va s’appliquer, la responsabilité en incombe directement à la droite européenne : le PPE au Parlement européen ; les gouvernements de droite issus du suffrage universels dans les Etats membres.

N’en déplaise donc aux eurosceptiques de gauche, notamment français : aujourd’hui, quand l’Europe des peuples s’exprime, ce n’est sûrement pas pour refuser les politiques libérales et conservatrices, mais hélas, bien au contraire, pour les soutenir.

Diego Melchior

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14 juin 2008

Redécouvrir le Traité de l'Europe sociale proposé par Stéphane Hessel, Pierre Larrouturou et Michel Rocard en 2004.

L'Europe est en panne : c'est un fait. Relancer l'Europe, c'est proposer une Europe plus démocratique et plus sociale.

En 2004, Stéphane Hessel, Pierre Larrouturou et Michel Rocard proposaient un projet de Traité de l'Europe sociale qui avait obtenu le consensus de tous les progressistes, et ce même avec l'absence de soutiens de la part de la direction des partis de gouvernement. Voici la tribune qui était publiée dans
Le Monde du 9 juin 2004 et qui comportait déjà de nombreux signataires, et non des moindres.

Cinq critères pour l'Europe sociale
par Stéphane Hessel, Pierre Larrouturou et Michel Rocard

Comment Jacques Chirac pourrait-il refuser au peuple français de se prononcer sur un texte aussi important qu'une nouvelle Constitution ? Le traité de Maastricht fut soumis à référendum, le quinquennat fut soumis à référendum, le statut de la Corse fut soumis à référendum et, aujourd'hui, après Tony Blair, ce sont Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et l'ensemble de l'UMP [Union pour la majorité présidentielle] qui demandent un référendum.

Il y aura probablement un référendum, et tout le monde sent bien que le non risque de l'emporter si le texte proposé aux citoyens reste trop proche de celui issu des travaux de la Convention.

Cette Constitution ne répond pas suffisamment aux attentes des citoyens. Elle ne donne pas à l'Europe un projet concret et mobilisateur. Dès lors, pourquoi ne pas profiter de l'initiative de Blair pour corriger le tir avant qu'il ne soit trop tard ? Pourquoi ne pas améliorer le texte avant que les peuples ne disent non ? La nouvelle Constitution n'entrera en vigueur qu'en 2009. Pourquoi ne pas prendre quelques mois pour améliorer le texte et lui donner les meilleures chances d'être accepté par les citoyens ?

"Votez oui à Maastricht, et on se remettra au travail tout de suite sur l'Europe sociale", affirmait Jacques Delors quelques jours avant le référendum sur Maastricht.

Il reconnaissait que le traité était très insuffisant en matière sociale mais demandait aux citoyens de ne pas casser la dynamique européenne. Le oui l'avait emporté d'extrême justesse.

Douze ans plus tard, alors que la crise sociale s'aggrave dans tous les pays d'Europe, alors que des millions de citoyens (Autrichiens, Italiens, Allemands, Français et bien d'autres encore) sont descendus cette année dans les rues pour dénoncer la régression sociale qu'on veut leur imposer, l'argument "Faites nous confiance, on va se mettre au travail" ne portera plus. Si l'on ne veut pas que le non l'emporte aux référendums de ratification, si l'on ne veut pas que l'Europe se disloque ou devienne une zone de libre-échange sans puissance politique, il faut d'urgence inclure dans la Constitution un vrai complément social. Un traité, un accord, un pacte aussi concret, ambitieux et contraignant que le fut le traité de Maastricht en matière monétaire.Haut de page

Le traité de Maastricht comportait cinq critères (un déficit inférieur à 3 % du PIB; une dette inférieure à 60 %...). De même, nous proposons cinq objectifs, et donc cinq critères pour l'Europe sociale :

un emploi pour tous : un taux de chômage inférieur à 5%;

une société solidaire : un taux de pauvreté inférieur à 5%;

un toit pour chacun : un taux de mal-logés inférieur à 3%;

l'égalité des chances : un taux d'illettrisme à l'âge de 10 ans inférieur à 3%;

une réelle solidarité avec le Sud : une aide publique au développement supérieure à 1% du PIB.

L'objectif pour nos démocraties doit être l'éradication totale de la pauvreté, du travail précaire et du chômage de longue durée. Mais, comme première étape, nous proposons que des sanctions comparables à celles infligées aux pays qui sortent des critères de Maastricht soient prévues pour les Etats qui ne respecteraient pas ces critères sociaux en 2015.

A nous d'aller voir comment nos voisins danois sont parvenus à faire tomber l'illettrisme à 3%. A nous d'aller voir en Hollande comment ont été réglés les problèmes de logement ou comment la Suède a fait reculer la pauvreté.

Le traité doit comporter également des garanties fortes en matière de financement des systèmes de sécurité sociale et de pérennité des services publics. Le droit de la concurrence a pris une place excessive dans la construction européenne. Il est temps de reconnaître à sa juste valeur l'importance des services publics.

Le traité doit aussi mettre fin au moins-disant social que provoque la règle d'unanimité en matière fiscale et ouvrir la possibilité de créer un impôt européen (écotaxe, impôt sur les bénéfices ou taxe Tobin améliorée).

Nous avons été capables de créer une monnaie unique. Douze Etats qui décident de faire monnaie commune, c'est du jamais-vu en temps de paix. Nous avons vaincu l'inflation : en quelques années, elle est passée de 12% à 2% ! Pourquoi ne pas lutter avec autant de force contre la précarité ou l'illettrisme ? Pourquoi ne pas nous attaquer vraiment au mal-logement ou au mal-développement ? N'est-ce pas le meilleur moyen d'affirmer concrètement nos valeurs humanistes, le meilleur moyen de réconcilier l'Europe et les Européens ?Haut de page

Jacques Delors, Bronislaw Geremek, José Bové, Enrique Baron Crespo (président du groupe socialiste au Parlement européen), Jean Daniel, Susan George, Antonio Guterres (président de l'Internationale socialiste), Elio Di Rupo (président du PS belge), Piero Fassino (secrétaire général de Democratici di sinistra), Bruno Trentin (CGIL), René Passet, Timothy Radcliffe, Gérard Onesta (vice-président du Parlement européen), Daniel Lebègue, l'abbé Pierre, Philippe Guglielmi, Mgr Ricard, Mgr Rouet, Jean-Maurice Dehousse (ancien ministre-président de la Wallonie), Dominique Plihon, Robert Goebbels (ancien ministre de l'économie luxembourgeois), Jean-Jacques Viseur (ancien ministre des finances belge), Claudy Lebreton, Alain Rousset, Pierre Joël Bonté, Dominique Wolton, Marie-Christine Blandin, Martin Hirsch (Emmaüs), Gérard Pelletier, Alain Trautmann (Sauvons la recherche), Axel Kahn, Patrick Pelloux, Esther Munoz, François Dufour, le MNCP (Chômeurs et précaires), quelque 250 parlementaires et des milliers de citoyens issus de neuf pays de l'Union ont déjà signé la pétition en faveur d'un vrai traité de l'Europe sociale (www.europesociale.net).

C'est la première fois que Jacques Delors et José Bové signent un texte commun. C'est la première fois que Mgr Ricard et Philippe Gugliemi (Liberté laïcité) signent le même appel. Il n'est pas courant de voir s'associer des responsables d'Attac et un ancien directeur général de la Caisse des dépôts... Si tous ont signé, c'est qu'il y a urgence. La Suède a dit non à l'euro car elle était inquiète pour son modèle social. Si rien ne change, le non risque fort de l'emporter dans deux ans dans plusieurs pays fondateurs de l'Union, dont la France. Dans quel état l'Europe sortira-t-elle de la crise ?

"Par notre inertie, nous enlevons au monde son visage humain", écrivait le philosophe Alain (1868-1951). En ne se donnant pas les moyens de devenir une force politique, diplomatique et militaire, l'Europe participe à la déshumanisation du monde. Il y a dix ans, Shimon Pérès et les autres signataires des accords d'Oslo demandaient à l'Europe de les aider à construire la paix au Proche-Orient... Dix ans plus tard, tous les matins, la radio nous apprend combien d'hommes, de femmes ou d'enfants sont morts sur les rives du Jourdain, du Tigre et de l'Euphrate... et nous nous sentons dramatiquement impuissants.

Face aux déséquilibres et aux drames que provoque l'impérialisme américain, il est temps de réagir et de faire naître une Europe politique, disposant d'une diplomatie et d'une armée. Oui, il y a urgence à faire naître cette Europe politique, capable de tirer richesse de sa diversité.
Mais il n'y aura pas d'Europe forte sans soutien des opinions publiques : pas d'Europe politique sans Europe sociale. Et dans l'état actuel des choses, c'est par elle qu'il faut commencer.

Stéphane Hessel est ambassadeur de France. Pierre Larrouturou est porte-parole de l'Union pour l'Europe sociale. Michel Rocard, ancien premier ministre, est député européen.

Le texte du Traité de l'Europe sociale :_Users_diegomelchior_Desktop_europe_sociale

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13 juin 2008

L'Union européenne en crise.

Une majorité d’Irlandais qui s’est rendue aux urnes a donc rejeté, suite au referendum, le Traité de Lisbonne. 18 pays sur 27 l’avaient pourtant déjà ratifié… La règle était connue d’avance : il suffit du rejet du texte par un Etat membre pour enterrer définitivement celui-ci. C’est la règle. Depuis 2005, l’Europe est en panne. Sarkozy avec son Traité simplifié pensait pouvoir relancer la construction européenne mais, cette fois, c’est définitivement raté.
   
La construction européenne est donc à nouveau bloquée. C’est aujourd’hui un fait. Évidemment, les dirigeants européens, de droite comme de gauche, ont été très peu nombreux à réellement vouloir que la construction européenne, bloquée avec le rejet du TCE par les Français et les Néerlandais en 2005, puisse repartir. Bien sûr, l’idéal aurait été un referendum européen et non pas une succession de consultations nationales référendaires ou parlementaires comme cela a été le cas pour le TCE comme pour le Traité de Lisbonne. C’est ce que rappelait encore Fabien Cazenave des Jeunes Européens hier soir lors de l’émission Bouge la     France sur Public Sénat…
   
Un manque de courage politique ensuite de la part de nombreux dirigeants politiques. On citera bien sûr Nicolas Sarkozy et la droite française négociant un nouveau Traité sans protocole social, prenant le risque de fédérer contre ce traité une nuée d’opposants dits de gauche. On pourra citer aussi Tony Blair, puis Gordon Brown qui ont préféré, l’un pour le TCE en 2005, l’autre pour le Traité de Lisbonne en 2008, attendre de voir comment tournerait le vent avant d’engager leur pays sur une consultation, alors que ce sont des pays comme le Royaume-Uni qui devraient montrer l’exemple et non pas, en cas d’éventuels consensus entre tous les autres Etats membres, s'y rajouter ultimement en traînant la patte…
   
Si les adversaires de l’ancien Traité constitutionnel comme les adversaires du Traité de Lisbonne n’ont pas hésité à flatter les bas instincts en usant habilement de rhétoriques nauséabondes de type populiste, conspirationniste et nationaliste, les partisans de la construction européenne ont sûrement eux aussi fauté en n’offrant pas aux citoyens préoccupés et touchés par une crise sociale mondiale des arguments forts au sujet de l’Europe sociale.
   
Il est clair aujourd’hui qu’il y a deux raisons de fond qui expliquent la défiance généralisée des Européens vis-à-vis de la construction européenne.
   
D’abord, c’est le retour d’une grande vague nationaliste sur toute l’Europe. La France est sûrement un exemple flagrant de ce retour du nationalisme que se partage aussi bien entre des gens comme Jean-Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, ce dernier ne cherchant même plus l’originalité dans ces arguments mais se contentant de reprendre la vieille argumentation stalinienne… Preuve en est son dernier billet sur le vote irlandais où, entre d’autres propos odieux, on pouvait lire cela : « Et il ne faut pas manquer dans     le même numéro l’interview inouïe, mais tellement allemande, de Daniel Cohn-Bendit »… Cela ne vous rappelle-t-il pas le fameux « anarchiste allemand » de Georges Marchais ?
   
Le nationalisme, on a aussi vu  son plus sinistre visage ces derniers mois en Irlande à travers la campagne du Sinn Féin, ce parti politique qui partant de la gauche au début du XXe siècle termine  aujourd’hui plus rouge-brun que rouge… En Italie aussi, pour citer un dernier exemple, l’offensive anti-europénne portée par la Ligue du Nord ne fait que commencer. Rappelons que la droite avait déjà proposé de sortir de l’euro, maintenant c’est de la modification de la convention Schengen dont il s’agit…
   
Mais le retour du nationalisme dans toute l’Europe ne saurait suffire pour expliquer la défiance des citoyens vis-à-vis de cette dernière. En effet, si le nationalisme est si fort, c’est bien parce qu’il existe un terreau sur lequel il peut se développer. Ce terreau c’est un malaise social grandissant. Bien sûr, il y a les réalités d’une part et d’autre part l’instrumentalisation qui fait accuser l’Europe d’être responsable de ce malaise. Mais c’est plus compliqué que cela : ce ne sont pas les institutions et les politiques européennes qui en sont responsables mais l’absence d’intégration politique plus forte et surtout l’absence d’une véritable politique sociale au niveau européen.
   
Voilà donc le double constat que l’on peut faire et qui peut expliquer grosso modo la défiance croissante des Européens vis-à-vis de l’Europe. Maintenant que l’Europe est de nouveau en panne, plusieurs attitudes sont possibles. Mais le plan B tout frais tout chaud qui devait sortir d’une boîte magique n’existe pas. En revanche, des choix politiques clairs peuvent être faits par les Etats-membres :
-    on arrête tout, cette fois, c’est terminé, on s’en remet aux Traités de Nice et les Etats membres qui n’en peuvent plus de l’Europe prennent leur responsabilité en la quittant – c’est sûrement ce que souhaitent l’extrême droite et une bonne partie de la droite qui refuse l’intégration politique ;
-    on fait revoter les Irlandais d’ici quelques mois sur ce même texte ; c’est une solution sûrement absurde mais il y aurait bien quelques apprentis sorciers pour la proposer ;
-    on fait voter tous les Etats membres sur un nouveau texte conçu au niveau intergouvernemental ; c’est aussi particulièrement irréaliste car une troisième tentative ne serait suivi que par très peu d’Etats membres ;
-    on fait revoter tous les Etats membres sur le Traité de Lisbonne complété par un protocole social élaboré par la CES, BusinessEurope (lobby des entreprises) et les institutions européennes ; c’est un possibilité mais cela nécessite une forte volonté politique des gouvernements ;
-    on envisage une  Europe à deux vitesses, ceux qui veulent aller plus loin dans la construction et ceux qui veulent rester à la marge ; c’est possible mais difficilement concevable au plan institutionnel ;
-    on fait voter tous les Européens pour une constituante européenne des peuples, c’est ce que demande la gauche radicale sans bien en préciser les modalités.
   
Tout cela induit des débats importants. Mais aujourd’hui, une chose est sûre, alors que certains se réjouissaient encore de voir dans l’Euro 2008 la matérialisation même d’une Europe qui fonctionne, la réalité quant à elle est bien différente. L’Europe est en panne et le fait que nos dirigeants s’en remettent d’ailleurs au sport comme preuve de vitalité de la cause européenne est donc de ce point de vue-là symptomatique d’un nationalisme grandissant d’une part et d’un détournement des problèmes sociaux d’autre part sur un des divertissements sportifs des plus grégaire…

Diego MELCHIOR

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10 juin 2008

Immigration : la France, bonne élève ou mauvais exemple en Europe ?

Chers amis,

 

 

L'association Sauvons l'Europe - Collectif Ile-de-France a le plaisir de vous inviter à notre prochaine réunion. Elle aura pour thème : immigration : la France, bonne élève ou mauvais exemple en Europe? Nous aurons le plaisir de recevoir à cette occasion :

 

 

M. Jean-Louis MALYS

Secrétaire national de la C.F.D.T.

 

 

Mardi 24 juin 2008

19h - 20h30

Salle de conférence de Sauvons l'Europe

4, place de Valois - Paris, 1er arr.

Métro : Palais Royal

 

 

 

Nous profiterons de ce rendez-vous pour faire également le bilan de la 2ème édition des Etats Généraux de l'Europe où Sauvons l'Europe aura animé un atelier sur les questions d'immigration. Le programme de la journée du 21 juin ici : http://www.etatsgeneraux-europe.eu/

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09 juin 2008

Message du collectif Sauvons l'Europe Île de France : comment adhérer ?

Chers amis,

 

Vous le savez, l'association Sauvons l’Europe - Collectif Ile-de-France a été créée cette année pour répondre au nombre croissant d'adhérents de Sauvons l'Europe habitant le territoirre francilien.

Les différentes formalités sont en phase terminale et notre compte-bancaire est en train d'être ouvert. Ainsi, je vous invite à adhérer à Sauvons l’Europe - Collectif Ile-de-France pour travailler ensemble et défendre nos valeurs communes pour que l’Europe avance.

Votre cotisation sera très utile à l'association, lui permettant notamment de mieux se structurer, d’organiser des événements de portée régionale, nationale et internationale, de rencontrer des personnes de tous les pays partageant nos valeurs européennes, et d’autres initiatives dont vous trouverez l’écho ou la description sur le site Internet national et sur celui de l'Ile-de-France, sans oublier notre blog.

Si vous souhaitez que le montant de votre cotisation soit encaissée rapidement ou que vous voulez éviter toute formalité papier, je vous invite à régler votre adhésion en ligne (transaction simple, rapide et sécurisée) au moyen du lien suivant : http://www.sauvonsleurope.org/adherer.php?liste=partielle (c'est en bas de la page).

Si vous préférez payer par chèque, vous trouverez, ci-joint, le formulaire de cotisation.

Le moment est donc venu de nous marquer votre confiance en adhérant à Sauvons l'Europe - Collectif Ile-de-France.

Comptant sur votre fidélité et votre engagement, je vous prie d’accepter l’expression de mes amitiés européennes.

 

Fabien CHEVALIER

Président

Sauvons l'Europe - Collectif Ile-de-France

 

Le site de Sauvons l'Europe : http://www.sauvonsleurope.org/

Le blog de Sauvons l'Europe : http://sauvonsleurope.over-blog.fr/

Le site du Collectif Ile-de-France : www.sauvonsleurope-iledefrance.info

 

 

Pour adhérer en ligne à Sauvons l'Europe - Collectif Ile-de-France (paiement sécurisé) : cliquez ici

 

 

Sauvons l’Europe est né aux lendemains du rejet par une majorité d’électeurs français du projet de Traité constitutionnel européen le 29 mai 2005.
L’association Sauvons l’Europe s’est donnée pour ambition de lutter contre l’euroscepticisme rampant au sein de la société française, notamment parmi l’électorat de gauche, en prolongeant le débat démocratique né au cours de la campagne référendaire sur le sens du projet européen.
Nous souhaitons ainsi démontrer qu’une Europe politique et sociale est plus que jamais nécessaire dans le contexte de la mondialisation afin de défendre nos valeurs humanistes et notre modèle de développement solidaire.

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